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1914 – 1918

MORTS POUR LA FRANCE

Le coquelicot et le bleuet sont devenus les fleurs-symbole de la guerre de 1914-1918.

Le coquelicot est associé à la mémoire de ceux qui sont morts à la guerre parce qu’il symbolisait le sang versé par les soldats. Le coquelicot était aussi la première fleur à repousser sur les lieux des combats.

En France, le bleuet, également présent sur les champs de bataille et dont la couleur rappelle les uniformes des Poilus, est lui aussi devenu fleur-symbole du sacrifice des soldats lors du premier conflit mondial. Les poilus français avaient eux-mêmes choisi cette fleur comme symbole de leur guerre. En 1915, soldats vétérans de la mobilisation, vêtus de l’uniforme bleu et rouge, ont donné le surnom de «bleuets» aux jeunes recrues qui arrivaient au front, habillées du nouvel uniforme bleu horizon de l’armée française.

On peut également observer une similitude de forme entre le bleuet et la croix de guerre

LA GRANDE GUERRE

Tous les ans aux commémorations des armistices, il est d’usage de se retrouver devant le Monument aux Morts pour rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour en sauver beaucoup d’autres et préserver la Paix.

Nous avons retracé leur histoire gravée sur l’édifice de pierre aux codifications strictes et très encadrées.

La vague des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale a probablement été l’une des plus consensuelles qui soit en France au cours de la première moitié du XXe siècle au vu de l’immense tragédie que fut cette guerre avec ses 3 400 000 blessés et mutilés et plus de 1 300 000 soldats décédés.

UN ACTE DE COMMÉMORATION

Érigés à titre d’hommage public pour certaines des communes françaises dès 1915, les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale sont le témoignage de la reconnaissance de la nation toute entière à l’égard de ceux qui sont morts pour la défendre, et qui, à ce titre, ne doivent pas sombrer dans l’oubli.

La loi du 25 octobre 1919 institua dans chaque commune la tenue d’un livre d’or portant les noms des soldats morts pour la France et nés ou résidant dans la commune. La loi du 31 juillet 1920 fixa ensuite les conditions d’attribution et de calcul des subventions versées par l’État aux communes pour l’érection du monument. Le montant de l’aide versée aux communes était calculé selon le nombre de soldats morts par rapport au nombre d’habitants de la commune connu d’après le recensement de 1911 ( 2 000 F de subvention pour Beurizot pour un coût total du monument de 4 000 F).

UN RÉFÉRENT DE LA VIE CIVIQUE

Lieu de mémoire souvent placé au centre du village, au voisinage de la mairie ou de l’église, l’édifice par son ancrage local, en resserrant les liens de la communauté autour d’un passé douloureux permet de porter un regard collectif sur l’histoire communale et nationale.

Une souscription publique à Beurizot a permis de récolter 3 000F. Le monument érigé, selon la formule consacrée, «à la mémoire des enfants morts pour la France ou pour la Patrie», a fait l’objet d’une délibération du conseil municipal le 31 Décembre 1919 et a porté cette dépense au budget de la commune. Les projets retenus passaient devant une commission de contrôle départementale constituée de personnes qualifiées. Il incombait à cette commission d’émettre un avis favorable ou défavorable au regard de critères fixés par une commission nationale.

Ainsi, en raison de la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État, les insignes religieux ne pouvaient théoriquement figurer sur un monument dont le projet prévoyait
qu′il fut érigé sur la voie publique. L′édification du monument de Beurizot, comme ailleurs le plus souvent, a donné lieu à l’inauguration suivie d’un banquet républicain et d’un bal.

Le monument de Beurizot a été inauguré le dimanche 10 avril 1921.

L’inscription est associée à la liste des noms des victimes de la Grande Guerre, figurant obligatoirement en lettres dorées ou couleur sang, classés soit par ordre chronologique de disparition, soit par ordre alphabétique ou les deux combinés. Dans un souci d’égalitarisme, les grades ou les distinctions ne figurèrent que très rarement sur ces monuments.

Le monument présente systématiquement une inscription commémorative

À BEURIZOT, QUATORZE NOMS SONT INSCRITS SUR LE MONUMENT AUX MORTS DE LA COMMUNE, MAIS CONNAISSEZ-VOUS LEUR HISTOIRE ?

Camille COQUEUGNIOT,

né le 7 avril 1894 à Arconcey, fils de François Coqueugniot cultivateur à Beurizot et de Françoise Varotte, était ouvrier agricole avec son père à Beurizot. Incorporé le 7 septembre 1914 au 27e Régiment d’Infanterie de Dijon, il a été tué à l’ennemi le 29 janvier 1915 à 20 ans au Bois Mullot dans la commune de Mécrin (Meuse).

Albert DEBRABANT,
né le 25 octobre 1883 à Paris, fils de Marie-Théophile Debrabant cultivateur à Beurizot et de Marguerite Caroline Perrot, était peintre en voitures à Paris. Après avoir effectué son service militaire de 1905 à 1907 il est incorporé au 46e Régiment d’Artillerie de Châlons sur Marne le 1er avril 1914, puis est muté au 34e Régiment d’Artillerie le 17 octobre 1916. À la suite d’une tuberculose pulmonaire il sera réformé le 27 décembre 1918 et se retirera à la station sanitaire de la Meynardie à Saint Privat des Prés en Dordogne où il décèdera en 1919, puis sera inhumé à Beurizot dans le caveau familial.

Marcel DEBRABANT,
né le 2 novembre 1892 à Paris, frère d’Albert, était ouvrier agricole avec son père à Beurizot. Incorporé au 109e Régiment d’Infanterie de Chaumont le 1er octobre 1913 il sera tué à l’ennemi 29 octobre 1914 à 21 ans au Rutoire, lieu-dit de la commune de Vermelles (Pas de Calais) près de Béthune. Il est inhumé à Beurizot dans le caveau familial.

Auguste DUPARET,
né le 22 janvier 1895 à Gissey le Vieil, fils d’Auguste Duparet poseur au Chemin de Fer et de Marie Louise Poiffault, garde barrière sous Lée, travaillait au Château de Verchisy. Incorporé au 109e Régiment d’Infanterie de Chaumont le 19 décembre 1914 il sera reformé le 17 juillet 1915 en raison d’une tuberculose pulmonaire, dont il décèdera le 18 février 1916 à 21 ans à Beurizot.

Julien GAUVENET,
né le 15 juin 1896 à Verchisy, fils de Jules Antoine Gauvenet, cultivateur à Verchisy, et d’Augustine Laureau, était ouvrier agricole avec son père à Verchisy. Incorporé le 12 avril 1915 au 152e Régiment d’Infanterie de Colmar, il a été tué à l’ennemi le 16 mai 1917 à 20 ans dans la tranchée de Randstadt à Craonnelle (Aisne).

Antoine GINDREY,
né le 4 octobre 1876 à Beurizot, fils de Zacharie Gindrey à Beurizot et d’Antoinette Poulain, était tonnelier à Beurizot. Après avoir effectué son service militaire de 1897 à 1900 au 134e Régiment d’Infanterie de Dijon, il a été incorporé le 3 août 1914 à la 8e Section de Commis et Ouvriers d’Administration puis le 12 août 1917 à la 5e Section de COA, il décèdera le 27 février 1919 à 42 ans à Dijon des suites d’une pleurésie. Antoine Gindrey s’était marié le 3 juin 1902 à Dijon avec Anne-Marie Sarrot. Il est enterré au cimetière de Beurizot.

Émile LAMBERT,
né le 9 décembre 1889 à Beurizot, fils de François Lambert cultivateur à Beurizot et de Marie Joséphine Serpin, était ouvrier agricole à Lignières. Après avoir effectué son service militaire de 1910 à 1912 au 21e Régiment d’Infanterie de Langres, il a été incorporé le 1er novembre 1914 au 29e Régiment d’Infanterie d’Autun, puis est transféré au 10e Régiment d’Infanterie de Dijon. Il est tué à l’ennemi le 4 août 1916 à 26 ans devant Verdun (Meuse). Il avait été cité à l’ordre N°175 de la 15e division le 14 août 1916:« énergique et calme, a contribué par l’excellence de son tir au succès de nos attaques. A été tué à son poste de combat.».

Alphonse LABRUNE,
né le 2 avril 1881 à Céaulmont (Indre), fils de Denis Labrune, chef cantonnier et Louise Laprune, était militaire de carrière. Incorporé au 10e Régiment d’Infanterie de Châteauroux le 15 novembre 1902, nommé adjudant le 1er septembre 1914 à Dijon, il a été tué à l’ennemi le 6 avril 1915 à 34 ans au Bois d’Ailly sur la commune de Marbotte (Meuse). Alphonse Labrune s’était marié à Dijon le 1er octobre 1910 avec Berthe Marthe Marie Bourgeot et avait 2 enfants: Suzanne (1911-2007) et André Robert (1912-2005).

Georges MARTIN,
né le 4 août 1890 à Dijon, fils de Charles Martin et de Marthe Blanchin, était boucher à Vitteaux et habitait à Beurizot en 1913. Après avoir effectué son service militaire de 1911 à 1913 au 55e Régiment d’Infanterie de Pont Saint Esprit (Gard), il a été incorporé le 3 août 1914 au 27e Régiment d’Infanterie de Dijon et a été tué à l’ennemi le 10 novembre 1915 à 25 ans à Tahure (Marne). Cité deux fois en 1915, il était décoré de la croix de guerre 2 étoiles.

Philibert ROBIN,
né le 13 mars 1878 à Beurizot, fils d’Auguste Robin, aubergiste rue de la Chaume à Beurizot et de Claudine Guiller, était cultivateur puis aubergiste place de la Chaume à Beurizot. Après avoir effectué son service militaire de 1899 à 1902 au 8e Régiment de Dragons de Lunéville (Meurthe et Moselle), il a été incorporé le 10 novembre 1914 au 56e Régiment d’Infanterie de Chalon sur Saône, puis transféré au 8e Escadron du Train des Équipages le 6 juin 1918. Il décèdera le 25 juin 1918 à 40 ans d’une leucémie aigüe à l’hôpital complémentaire de Breuil le Sec (Oise). Philibert Robin s’était marié le 20 novembre 1906 à Braux avec Marie Louise Remond et avait 2 enfants, Maurice né en 1907 et Marcel né en 1909 à Beurizot. Il est enterré au cimetière de Beurizot.

Louis ROZE,
né le 17 mai 1883 à Touillon, fils de Augustin Roze et de Julie Furet, était ouvrier agricole à Verchisy. Après avoir effectué son service militaire de 1904 à 1907 au 27e Régiment d’Infanterie de Dijon, il a été incorporé le 4 août 1914 au 227e Régiment d’Infanterie de Dijon et fait prisonnier le 20 août 1914 à Grafenwöhr (Allemagne). Il décèdera le 2 juin 1915 à 32 ans de la tuberculose au Lazarett de Grafenwöhr.

Alphonse TAMISEY,
né le 19 mai 1881 à Mont Saint Jean, fils de Philibert Tamisey et Sophie Gérard, était domestique rue Amont à Beurizot. Après avoir effectué son service militaire de 1902 à 1903 au 10e Régiment d’Infanterie d’Auxonne, il a été incorporé le 12 août 1914 au 210e Régiment d’Infanterie d’Auxonne et a été tué à l’ennemi le 10 octobre 1914 à 33 ans au Bois d’Ailly sur la commune de Marbotte (Meuse). Alphonse Tamisey s’était marié le 3 février 1912 à Beurizot avec Émilie Chevalier. Il est enterré au cimetière de Beurizot.

Pierre THIBAULT,
né le 31décembre 1872 à Mont Saint Jean, fils de Pierre Thibault cultivateur à Beurizot et de Marie Goulier, était cultivateur à Beurizot puis employé des Tramways à Paris ensuite. Après avoir effectué son service militaire au 27e Régiment d’Infanterie de Dijon de 1894 à1896, il s’est engagé dans l’armée de 1899 à 1904. Non mobilisé à Paris en août 1914, il est convoqué au 58e Régiment d’Infanterie de Dijon le 23 février 1915, arrivé le 3 mars il sera hospitalisé à l’hôpital général où il décédera le 19 mars 1915 des suites de maladie. Pierre Thibault s’était marié le 13 avril 1909 à Cussy la Colonne avec Alice Marie Louise Poiffaut.

Henri JOSEPH, (guerre de 39-40)
né le 23 septembre 1901 à Arconcey, fils d’Ernest Joseph maréchal ferrant et de Marie Louise Varotte, était tourneur sur métaux à la TCRP (ancêtre de la RATP) à Paris. Après avoir effectué son service militaire dans la marine au début des années 20 au cours duquel il a découvert de nombreux pays éloignés, il a été incorporé à nouveau dans la marine lors de la mobilisation de 1940. Il était matelot timonier sur le dragueur AD 85 «Notre-Dame de Lorette» et est décédé au large de Dunkerque le 20 mai 1940 lorsque son navire a été bombardé par les allemands. (photo ci-dessous)

Lors des cérémonies commémoratives de Beurizot, six noms de soldats également morts à la guerre sont appelés en complément des quatorze inscrits sur le monument.

Ces noms figurent sur deux croix en marbre financées par les familles et sont situées dans l’église de Beurizot dans la chapelle dite des «combattants».

Trois d’entre eux sont inscrits sur d’autres monuments: Paul Beuchillot à Soussey, Gabriel Briotet à Thorey-sous-Charny et Albert Roze à Montbard. À notre connaissance, les trois autres soldats, Clément Briotet, Gustave Bruneau et Louis Morandet ne sont inscrits sur aucun monument.

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